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COMMENT NDÈYE SOKHNA LÔ A ÉTÉ VIOLÉE ET TUÉE

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COMMENT NDÈYE SOKHNA LÔ A ÉTÉ VIOLÉE ET TUÉE

Poursuivis pour association de malfaiteurs, meurtre avec actes de torture et barbarie, vol en réunion, viol collectif, recel, non-assistance à une personne en danger, détention et usage de chanvre indien, détention d’arme blanche sans autorisation, Modou Ndiaye, Ibrahima Ndiaye, Ndiaga Ndiaye et Assane Sylla ont été condamnés, en première instance, à des peines allant de 20 ans de travaux forcés à la réclusion criminelle à perpétuité. Insatisfaits des peines qui leur ont été infligées, ils ont interjeté appel. Ainsi, ils ont encore, ce mercredi, comparu à la barre de la Chambre criminelle d’appel. Quid des faits ?

Ils datent du 21 décembre 2011. Ce jour-là, les éléments de la brigade de Keur Massar ont reçu un appel téléphonique de la part du délégué de quartier de l’unité 11 des parcelles Assainies leur informant de la découverte du corps sans vie de Ndèye Sokhna Lô, dans une maison en construction. Ils saisissent, à leur tour, leurs collègues de la section de recherches d’une demande d’appui technique en investigations criminelles. Ces derniers, arrivés sur les lieux, ont constaté que la victime précitée présentait des blessures à différents endroits de son corps, avait les jambes écartées et repliées, son slip déchiré. Ils ont également découvert à côté d’une fosse septique se trouvant à l’intérieur du bâtiment, deux bracelets de la victime mais à des endroits différents. La réquisition du certificat de genre de mort a conclu à « une mort à la suite de coups et blessures par arme blanche ».

En effet, l’enquête des hommes en bleu a révélé que la victime avait quitté son domicile conjugal la veille, à 21 heures. Et c’est le lendemain que les membres de sa famille se sont rendus compte de son absence vers cinq heures du matin.

VIOLÉE À TOUR DE RÔLE

L’enquête ouverte a permis l’identification de l’usage de trois puces téléphoniques ayant été insérées dans ledit portable en 48h. Ce qui a débouché sur l’arrestation de Fatou Kiné Gaye. Cette dernière a confirmé avoir reçu ces appels de son fils Ibrahima Ndiaye. Interpellé, il soutient avoir reçu le portable de son cousin Modou Ndiaye. Acculé par les enquêteurs, Ibrahima Ndiaye passe aux aveux et révèle avoir été témoin du meurtre de la dame commis par Modou Ndiaye, Ndiaga Ndiaye et Hamidou Ly.

Il révélait que ce jour, au crépuscule, son cousin accompagné par ses amis se sont arrêtés dans une ruelle où, ils ont garé les motos et lui ont demandé de l’ attendre. Sur ce, ils allaient à l’encontre de la victime qui venait du sens opposé avant de l’entraîner dans une maison inachevée. Il résulte, toujours de ses propos, qu’il s’est rapproché du bâtiment discrètement et avait entendu son cousin réclamer à la victime la somme de 15.000 F CFA. Mais, cette dernière n’avait pas obtempéré. Il a alors exercé des violences sur sa personne aidée par ses compagnons. Ils l’ont violée à tour de rôle avant de tremper sa tête dans une fosse septique.

LA TÊTE TREMPÉE DANS UNE FOSSE SEPTIQUE

Ainsi, ils avançaient qu’au retour, son cousin lui avait remis 2000 francs CFA, pour l’achat d’une bouteille de vin. C’est là qu’il lui a offert le portable. Une perquisition faite dans la maison de Modou Ndiaye a permis de découvrir un couteau, une bouteille de vin, deux machettes, du chanvre indien. Mais à la barre, il conteste avoir offert un téléphone à Ibrahima. Même son de cloche pour Ndiaga Ndiaye et Hamadou Ly qui signent et persistent n’avoir jamais assisté à ce drame. A la barre, les accusés ont encore nié les faits, soutenant qu’ils n’ont pas tué la victime. Malgré leurs dénégations systématiques, l’avocat général a requis la confirmation des peines de la première instance.

Selon lui, les faits résultent d’une volonté manifeste de tuer avec des actes de torture et de barbarie dès lors que la victime a été trainée en divers endroits du bâtiment, la tête trempée dans une fosse septique. Ces faits, dit-il, sont imputables aux accusés et ceci en dépit de leurs dénégations dès lors qu’ils ont été désignés comme étant les auteurs à l’enquête tout comme à l’instruction par leur coaccusé Ibrahima Ndiaye.

Pour ce qui du viol, l’avocat général a demandé qu’il soit retenu seulement contre Modou Ndiaye parce que des traces de sperme ont été trouvées sur son caleçon. Auparavant, le maître des poursuites a décrié la façon dont l’enquête a été menée. L’avocat de la partie civile a sollicité la confirmation du jugement de la première instance avant de réclamer 50 millions de francs CFA. Les avocats de la défense ont plaidé la clémence. L’affaire est mise en délibéré pour jugement qui sera rendu le 28 avril prochain.

(dakarbuzz)