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Santé : Une conférence sur l’impact du tabagisme sur les politiques de développement en Afrique

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Santé : Une conférence sur l’impact du tabagisme sur les politiques de développement en Afrique

  Le tabagisme est non seulement un problème de santé publique “critique” en Afrique, mais il anéantit les initiatives de développement du continent et constitue une menace pour sa main-d’œuvre “actuelle et future”, a souligné le président de l’African Capacity Building Foundation (ACBF).

La lutte contre le tabagisme est un déterminant clé du développement en Afrique où elle est loin d’être gagnée, même si une régression du fléau a été notée dans quelques régions africaines, a souligné le professeur Emmanuel Nnadozie.

Le président de l’ACBF participe à la première conférence sur la lutte antitabac et le développement, qui s’est ouverte mardi. Cette rencontre virtuelle se poursuit jusqu’à jeudi.

“Des statistiques alarmantes indiquent que nous ne sommes pas en train de gagner la guerre contre les maladies évitables dues au tabagisme en Afrique”, a souligné le président de l’African Capacity Building Foundation, une fondation chargée de faciliter les “échanges” entre pays africains et de renforcer leurs “capacités”, infome l’Aps.

“Derrière chaque maladie et chaque décès évitables, causés par le tabac, se cachent des familles dont le soutien a disparu”, a déclaré Emmanuel Nnadozie en parlant des ravages du tabagisme.

Selon lui, les effets du tabac en terre africaine ont poussé l’ACBF à s’impliquer dans la lutte antitabac.

La fondation organise la conférence, de concert avec le Centre pour la lutte antitabac en Afrique, basé à l’Université de Makerere, en Ouganda.

Cette rencontre virtuelle est un “impressionnant cadre d’échange et d’apprentissage entre les pays africains, pour le renforcement significatif des cadres juridiques de la lutte antitabac et la protection des politiques publiques contre les intérêts particuliers de l’industrie du tabac”, estime M. Nnadozie.

Quatre-quatre pays de la région Afrique de l’OMS ont signé la Convention-cadre de lutte contre le tabac (CCLAT), avec des “engagements clairs”, a-t-on appris des premiers échanges de cette conférence virtuelle.

“Ils ne se contentent pas de paroles en l’air, il y a des engagements clairs”, a souligné Adriana Blanco Marquizo, de la CCLAT.

Certains pays africains ont voté des lois pour réglementer l’industrie du tabac, et dans 11 d’entre eux, la population n’est pas protégée par les lois antitabac, selon Mme Marquizo.

Au total, 36 pays africains ont restreint l’usage du tabac dans les lieux publics.

Vingt-quatre pays, dont le Sénégal, ont voté des lois exigeant la publication de messages d’avertissement sanitaire sur les emballages des paquets de cigarettes.

Plusieurs intervenants ont souligné le fait que les pays africains ont peu utilisé un “outil potentiellement puissant” contre le tabagisme, la hausse de la taxe sur le tabac, un produit “assez bon marché en Afrique”.

Le directeur du Centre de contrôle antitabac et président de la conférence, William Bazeyo, a relevé “l’application relativement faible des dispositions relatives à la lutte antitabac et le (…) manque de ressources pour la lutte” contre le tabagisme dans le continent.

Les gouvernements africains n’ont pas assorti leurs engagements politiques de moyens financiers dédiés à cette lutte, selon plusieurs intervenants.Ils ont insisté sur l’importance du budget à octroyer à la lutte contre le tabagisme.

La conférence déplore qu’il existe des pays en voie de développement où la production de tabac continue de fournir un moyen de subsistance à un nombre important de personnes.

Selon ses organisateurs, le but de cette rencontre internationale est de soutenir les initiatives nationales et régionales de lutte antitabac et de réduire la prévalence du tabagisme et de l’exposition à la fumée de tabac.Ils attendent de ces mesures qu’elles permettent de réduire les taux de morbidité et de mortalité liés au tabac.

Assane SEYE-Senegal7