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PARCE QUE SON MARI A PRIS UNE SECONDE ÉPOUSE P. Mb, 56 ans, ébouillante son mari A. S

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PARCE QUE SON MARI A PRIS UNE SECONDE ÉPOUSE Penda Mbengue, 56 ans, ébouillante son mari Alphousseynou Sall avec une marmite d’huile, après 31 ans de mariage

Pour avoir ébouillanté son époux après 31 ans de mariage, PendaMbengue a écopé de 2 ans de prison assortis du sursis. Cette prévenue, qui ne digérait pas le fait que son mari ait épousé une seconde femme, lui a versé une marmite d’huile. Par contre, son fils El Hadji MalickSall a été purement et simplement relaxé des faits de menaces de mort que lui reprochait son père.

Même s’il a traîné à la barre son épousePendaMbengue et son fils aîné El Hadji MalickSall âgé de 30 ans, le père de famille résidant à Yoff, AlphousseynouSall, ne voulait peut-être pas que les choses dégénèrent et qu’ils en arrivent là. La preuve, hier, l’homme âgé de 61 ans a versé de chaudes larmes, lorsqu’il a été appelé devant la barre pour son dossier. La pomme de discorde dans la famille Sall n’est autre que la nouvelle femme deAlphousseynouSall. Celui-ci, après 31 ans de vie commune avec PendaMbengue, a fini par épouser une seconde femme. Malheureusement, il a fait venir sa nouvelle femme dans la maison où il a logé sa première épousePendaMbengue. Ce, sans même aviser cette dernière. Une humiliationque la «aawo» n’a pas pu digérer. C’est ainsi qu’après une dispute, elle l’a ébouillanté avec une marmite d’huile. Le sieur Sall porte plainte contre son épouse. Là, comme la dame a été conduite au commissariat, leur fils aîné, El Hadji MalickSall, voyant sa mère derrière les grilles, a menacé de mort son père. Ainsi, il avait mis en garde son père que si jamais sa mère passait la nuit derrière les barreaux, il allait le tuer.
Pris de peur, alors que son bras droit venait d’être brûlé, le père de famille a pris au sérieux les menaces de mort de son fils et est allé aussi porter plainte contre lui. C’est ainsi que PendaMbengue et son fils El Hadji MalickSall ont été respectivement inculpés et placés sous mandat de dépôt.

PendaMbengue, la femme, raconte

Jugés hier, ils ont tout contesté devant le prétoire. Ménagère de son état, la prévenue de 56 ansa d’un ton serein narré les faits pour lesquels elle est poursuivie. «Mon mari a pris une autre femme et l’a emmenée chez nous dimanche. Mais, le lundi vers 11h, alors que j’étais en train de cuisiner, je l’ai entendu insulter notre filleBinta. Mais, j’ai demandé à Binta de ne pas répliquer. Il m’a injuriée et attaquée, en me sommant de quitter la maison. C’est au cours de la mêlée qu’il s’est brûlé avec l’huile qui était contenue dans la marmite au moment où il tentait de la déverser par terre. Il a l’habitude de déverser la marmite à chaque fois qu’on se dispute. L’huile n’était pas aussi chaude. On s’est tiraillé la marmite et c’est en ce moment qu’il s’est brûlé la main droite», a confié PendaMbengue. La présidente de l’audience de lui lancer : «tu aurais pu atterrir à la chambre criminelle. Il me semble que tu ne mesures pas la gravité des faits».

El Hadji MalickSall: «C’est après avoir  vu ma mère derrière les barreaux du commissariat que j’ai eu cette réaction»

Interrogé, le fils El Hadji MalickSallindique : «je n’ai pas menacé de mort mon père. Il s’y ajoute que je n’étais pas à la maison au moment des faits. C’est après avoir vu ma mère derrière les barreaux du commissariat que j’ai eu cette réaction, parce qu’après tout, elle reste ma mère». Le garçon a été toutefois bien sermonné par la procureure.

AlphousseynouSall pardonne à sa femme et à son fils

Partie civile dans cette affaire, le père de famille AlphousseynouSall a pardonné après s’être désisté de sa plainte. Exhibant devant le tribunal son bras droit qui laissait apparaître des cicatrices roses, il dit:«elle m’a brûlé la main droite avec l’huile avec laquelle elle cuisinait. J’ai paré la marmite avec ma main sinon elle allait jeter cette huile à mon visage. J’avoue que souvent, on a des problèmes. Maiselle est jalouse, c’est pour cela que tout ceci est arrivé. S’agissant de mon fils, c’est au poste de police qu’il m’a menacé de mort en me disant que si sa mère passe la nuit en prison, moi aussi je vais y laisser ma vie cette nuit-même. Mais, je leur pardonne à tous».

La procureure sermonne la partie civile

Suite à ces propos, la représentante du procureur, offusquée du comportement du plaignant, n’a pas manqué de le rappeler à l’ordre. «Il faut aviser ta femme avant d’emmener ta seconde épouse dans ta maison. Tu as une première épouse et tu lui dois du respect. Tu l’as heurtée en conduisant ta seconde épouse dans sa chambre. C’est toi qui as semé cette pagaille dans ta maison. Quiconque a une coépouse se fâche. Il faut y aller avec la manière». La parquetière ayant requis l’application de la loi pénale contre les prévenus, Me Youssoupha Camara a pour leur défense demandé une application bienveillante de la loi. «Elle quittait la maison à chaque dispute. Mais, cette fois-ci, elle a résisté pour ne pas quitter les lieux», a dit la robe noire. Au final, PendaMbengue a été condamnée à 2 ans de prison assortis du sursis contrairement à son fils qui a été purement relaxé.

Fatou D. DIONE
 

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